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Pourquoi j'ai créé PoupiEats — l'histoire d'un père et de sa fille allergique

Pourquoi j'ai créé PoupiEats — l'histoire d'un père et de sa fille allergique

Mon nom est Sébastien. Je suis kinésithérapeute, développeur autodidacte — et surtout, père d'une petite fille allergique aux arachides. On l'appelle Poupi.

PoupiEats n'est pas né dans un incubateur de start-up. Il est né d'un mélange de peur, de frustration et de colère — ceux d'un père qui ne supporte plus de voir sa fille exclue d'un buffet, refusée dans un restaurant, ou mise en danger par un tableau d'allergènes rempli au hasard.

Voici notre histoire.

Le jour où tout a commencé

Poupi avait presque quatre ans quand on a découvert son allergie aux arachides. Des Curly, puis ensuite juste le contact avec quelqu'un qui avait mangé des cacahuètes. Le diagnostic est tombé : allergie sévère aux arachides. Risque de choc anaphylactique.

À partir de ce jour, tout a changé. Les courses sont devenues une chasse aux étiquettes. Chaque repas à l'extérieur est devenu un stress. Et les restaurants… les restaurants sont devenus un champ de mines.

Ce qu'on vit au restaurant quand son enfant est allergique

Quand vous avez un enfant allergique, aller au restaurant n'est pas un moment de plaisir. Déjà, il faut passer le pas et aller au restaurant. Mais, même déterminés, c'est un parcours du combattant.

Ça commence toujours pareil. On arrive, on s'installe, et dès qu'on ouvre la carte, la question tombe :

« Excusez-moi, est-ce que vous avez un tableau d'allergènes ? Ma fille est allergique aux arachides. »

Et là, plusieurs scénarios — tous vécus, tous vrais.

Les bons élèves

Heureusement qu'il y en a et qui nous permettent de venir en famille au restaurant. Nous sommes des clients fidèles de ces établissements car un climat de confiance s'est installé.

Le serveur qui ne sait pas

Le plus fréquent. Le serveur vous regarde avec de grands yeux, part en cuisine, revient cinq minutes plus tard avec une réponse vague : « Le chef dit qu'il n'y en a pas, normalement. »

Normalement. Ce mot-là, quand il s'agit de la vie de votre enfant, vous glace le sang. « Normalement », ça veut dire « je ne sais pas ». Et vous ne pouvez pas prendre ce risque.

Le tableau rempli n'importe comment

Certains restaurants ont un tableau. Mais quand vous le regardez de près, toutes les cases sont cochées — gluten, arachides, fruits à coque, lait, œufs — pour chaque plat. Pas parce que chaque plat contient tout, mais parce que le restaurateur a tout coché « au cas où » pour se protéger juridiquement.

Résultat : le tableau ne sert à rien. Il ne vous dit pas ce que contient réellement le plat. Il vous dit juste que personne n'a pris le temps de vérifier.

petite fille qui se questionne sur le tableau des allergènes

La confusion qui peut tuer

Un matin de décembre 2025, dans un hôtel du réseau Radisson Blu — un établissement haut de gamme, pas un snack de bord de route. Petit-déjeuner buffet. Des étiquettes sont posées devant chaque viennoiserie, avec les allergènes indiqués.

Sauf que les étiquettes étaient mal remplies à cause d'une confusion fréquente. « Fruits à coque » était indiqué à la place d'« arachides », et inversement, sur les pains au chocolat et les croissants.

Quand on l'a signalé au personnel, ils ont proposé de préparer quelque chose de spécifique pour Poupi. Mais comment faire confiance à un étiquetage quand on vient de constater qu'il est faux ?

On est partis. Poupi n'a pas compris pourquoi elle ne pouvait pas prendre un pain au chocolat comme les autres enfants du buffet. Cette déception dans ses yeux, c'est quelque chose qu'aucun parent ne devrait avoir à voir.

Le plus rageant ? Si la distinction entre arachides et fruits à coque avait été correcte, elle aurait pu manger sans problème, comme tout le monde.

Le refus de servir

Le pire scénario — et il existe. Certains restaurants, par peur de l'accident, préfèrent tout simplement refuser de vous servir. « On ne peut pas vous garantir, on préfère ne pas prendre le risque. »

On peut comprendre la peur du restaurateur. Mais pour un enfant, le message est brutal : « Tu ne peux pas manger ici. » Comme si son allergie faisait de lui quelqu'un d'indésirable.

Quand on croit avoir tout vu

Dans le restaurant d'un camping, nous avons vécu l'inconcevable. Nous pensions avoir tout vu...

Le serveur nous a expliqué qu'il connaissait quelqu'un d'allergique et que ce n'était pas quelque chose de grave, que c'était les parents qui en rajoutent toujours. Et que la « petite » pouvait tout manger et qu'au pire il pourrait lui faire sa piqûre !

Le déclic

Après la énième mésaventure, j'ai commencé à me poser une question simple : pourquoi c'est si difficile ?

Les restaurateurs ne sont pas de mauvaise volonté. Ils sont juste débordés, mal outillés et mal informés. J'ai creusé le sujet et j'ai identifié cinq problèmes qui se répètent partout :

  1. L'ignorance — Le personnel ne sait tout simplement pas ce qu'il y a dans les produits qu'il utilise. Qui lit les étiquettes des 50 ingrédients livrés chaque semaine ? Au-delà d'un problème de communication entre la cuisine et la salle, la méconnaissance des 14 allergènes demeure.
  2. La peur juridique — Plutôt que de vérifier, on coche toutes les cases « au cas où ». On se protège légalement en rendant le tableau inutile.
  3. L'obsolescence — Le tableau a été fait il y a trois ans. Depuis, le fournisseur a changé, les recettes ont évolué, mais personne n'a mis à jour, parfois même les plats n'existent plus à la carte.
  4. La confusion techniqueArachides ≠ fruits à coque. Mais combien de restaurateurs le savent ? C'est une légumineuse contre des fruits d'arbre. Deux familles complètement différentes.
  5. Le refus de servir — Face au doute, on préfère perdre un client plutôt que prendre un risque. Le client allergique est exclu.

Et j'ai réalisé un truc : tous ces problèmes ont la même racine. Il n'existe aucun outil simple, gratuit et adapté pour qu'un restaurateur puisse savoir précisément instantanément ce que contiennent ses plats.

papa qui code la nuit

La naissance de PoupiEats

Je suis kiné de formation, pas développeur. Mais j'ai appris à coder — d'abord par curiosité, puis par nécessité. L'objectif : créer la solution que j'avais en tête.

L'idée de PoupiEats tient en une phrase :

Le restaurateur scanne ses étiquettes, l'appli détecte les allergènes, et le tableau réglementaire se génère automatiquement.

Pas de saisie manuelle fastidieuse. Pas besoin de savoir ce qu'est le « lactosérum » ou le « E322 ». L'application lit l'étiquette, comprend les ingrédients, identifie les 14 allergènes réglementaires, et génère un tableau conforme à la réglementation INCO.

Le nom ? C'est évident. Poupi + Eats. Parce que tout est parti d'elle. Parce qu'elle mérite de manger au restaurant comme n'importe quel enfant.

Pourquoi c'est gratuit

J'ai regardé ce qui existait sur le marché. Des logiciels de gestion allergènes, il y en a. Mais ils coûtent entre 29 et 180 € par mois et l'outil est noyé parmi tant d'autres. Pour un petit restaurateur indépendant qui gagne difficilement sa vie, c'est un frein énorme.

Et ça crée un paradoxe absurde : les établissements qui ont le plus besoin de se mettre en conformité sont ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir les outils pour le faire.

J'ai donc pris une décision : tout ce qui touche à la sécurité alimentaire sera gratuit. Toujours. Scanner un produit, détecter les allergènes, générer un tableau PDF — c'est gratuit et ça le restera. Parce que la sécurité d'une personne allergique ne devrait pas dépendre du budget du restaurateur.

Le modèle économique repose sur des abonnements premium (de 2 à 8 €/mois) qui apportent du confort — personnalisation, QR code en salle, multi-utilisateurs — et des partenariats fournisseurs. Mais le cœur de l'outil, celui qui sauve des vies, est et restera en accès libre.

Ce qui me pousse chaque jour

Aujourd'hui, en France, plus de 400 000 établissements — restaurants, boulangeries, traiteurs, cantines, crèches, food-trucks, EHPAD — sont tenus d'afficher leurs allergènes. La majorité ne le fait pas correctement.

Les allergies alimentaires touchent 5 à 8 % des enfants, un chiffre qui a triplé en 20 ans. Chez les adultes, c'est 3 à 4 %, soit 2 millions de Français. Et si on ajoute les intolérances (gluten, lactose), on arrive à 15 à 20 % de la population concernée.

Ce ne sont pas des chiffres abstraits. Ce sont des familles qui hésitent avant chaque repas à l'extérieur. Des parents qui appellent le restaurant à l'avance pour savoir s'ils peuvent venir. Des enfants qui regardent les autres manger en se demandant pourquoi eux ne peuvent pas.

Ma définition du succès est simple :

J'aurai réussi le jour où je n'aurai plus peur d'aller au restaurant avec ma fille et cerise sur le gâteau si le tableau des allergènes est celui de PoupiEats.

famille heureuse au restaurant avec poupieats

Et vous ?

Si vous êtes restaurateur : vous savez que c'est compliqué. Vous jonglez avec les fournisseurs, les recettes qui changent, les étiquettes illisibles. PoupiEats est fait pour vous simplifier la vie — en quelques scans, votre tableau est prêt, conforme et à jour. Et c'est gratuit.

Si vous êtes parent d'un enfant allergique : vous connaissez cette boule au ventre avant chaque repas au restaurant. Aidez-nous à faire connaître PoupiEats aux restaurateurs de votre quartier. Plus ils seront équipés, plus nos enfants mangeront en sécurité.

Si vous êtes simplement quelqu'un qui trouve ça important : partagez cet article. Parlez de PoupiEats autour de vous. Chaque établissement qui affiche correctement ses allergènes est une victoire pour tout le monde.

Aucun parent ne devrait quitter un restaurant parce qu'on ne peut pas lui garantir la sécurité de son enfant.

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PoupiEats est un projet créé par un père pour sa fille — et pour tous les enfants comme elle. Si cette histoire vous parle, partagez-la. C'est le meilleur soutien que vous puissiez nous apporter.

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